Brèves de campagne

L’agriculture est l’affaire de tous parce que l’alimentation est l’affaire de tous.

 

 

lp-6_large  Editorial de :  Laurent Pinatel,  Porte-parole de la Confédération Paysannne

Se projeter vers l’avenir

L’agriculture traverse une crise sans précédent. Tous les secteurs sont touchés, de façon plus ou moins importante, plus ou moins impactante. Face à cela, la Confédération paysanne a travaillé et proposé un plan de sauvetage de l’agriculture basé sur deux axes forts :  » Faire bouillir la marmite & Faire tourner la ferme  » …

Pour en savoir plus : Le plan d’urgence de la Conf’

L’objectif est de redonner de l’air aux paysannes et paysans dans leurs foyers et aussi dans leur outil de production.

Marteler « pas un paysan n’est en trop » est une chose, se donner les moyens de le mettre en place en est une autre. Nous avons donc travaillé sur ce plan, et l’avons porté devant les paysans, à l’Elysée, à Matignon, au ministère de l’Agriculture pour tout faire pour que celles et ceux qui nourrissent la population continuent à pouvoir manger !

Nous avons été partiellement entendus et nous en félicitons. Reste désormais à tout mettre en œuvre pour que ces crises de plus en plus fréquentes, de plus en plus violentes, ne se reproduisent plus… il faut donc changer de système !

Oui, l’agriculture productiviste a vécu. Oui, nous devons réorienter nos pratiques agricoles vers l’agriculture paysanne, autonome, qui seule donnera un avenir aux paysans ! Car il y a …

Urgence pour les paysans !

Face à la crise qui touche de plus en plus durement les paysannes et paysans, tous les syndicats agricoles y sont allés de leur liste de mesures d’urgence. Alors que la FNSEA proposait un gigantesque plan de cessations d’activités et que la Coordination rurale demandait rien moins que 500€/hectares sans ciblage, la Confédération paysanne a été la seule à se pencher sur les problématiques humaines.

Une fois n’est pas coutume, cette inclinaison sociale a été en partie entendue par le gouvernement qui a retenu, pour tout ou partie, un certain nombre de nos propositions. La mise en place d’un service de remplacement pour faire face aux situations d’épuisement professionnel ou l’accès amélioré à la prime d’activité et au RSA socle en font partie. Reste à déterminer le mode d’application de ces mesures, et leur rapidité. Faut-il rappeler qu’il y a urgence ?

Par ailleurs, le plan présenté par Manuel Valls le 4 octobre, reste basé pour une grande partie sur le refinancement des exploitations. Même avec une garantie plus importante de l’Etat, il s’agit toujours de réendetter des paysans déjà soumis à une énorme pression

 

Un accord de libre-échange peut en cacher un autre…

« Dormez tranquilles braves gens, nous ne signerons pas le TAFTA ! », semblent nous murmurer nos dirigeants. Surtout, on tente de nous convaincre que notre agriculture ne craint rien, qu’on ne dépassera jamais les prétendues « lignes rouges ». D’ailleurs, preuve en est : on enlève la viande bovine des négociations avec le Mercosur pour « protéger » notre élevage bovin !
Voilà, il n’y a donc plus de quoi s’inquiéter… à moins de gratter un peu pour se rendre compte que, pendant ce temps, on s’apprête à signer un accord de libre-échange avec le Canada (CETA). Le Canada est déjà lié par un accord de libre-échange, l’Alena, avec les Etats-Unis. Tous deux ont le même modèle agricole et les mêmes normes de sécurité alimentaire. Alors que l’élevage européen vit une crise grave, l’Europe a négocié, dans l’accord finalisé avec le Canada, une augmentation des importations de viandes bovines en Europe et une arrivée massive de produits laitiers sans droit de douanes. Les deux outils (l’arbitrage investisseur-Etat et la coopération réglementaire), permettant aux multinationales de nous attaquer et de dicter nos normes, sont également inclus dans cet accord. Le CETA est un accord très dangereux pour notre agriculture et préfigure ce qui nous attend avec le TAFTA !

La nouvelle infographie TAFTA/CETA de la Conf’


Pour en savoir plus, voir le lien suivant : http://www.confederationpaysanne.fr/nl/fil_paysan.php?nl=1&num=66

Climat : une vidéo de la Confédération paysanne
Comprendre les enjeux climatiques sur l’agriculture en 2 min


(Cliquez ici pour voir la vidéo)                              

Alors que le déréglement climatique est de plus en plus palpable dans nos quotidiens, que les paysans en subissent directement les effets sur leurs exploitations (innondations, sècheresses, saisons déréglées, etc.), que le nombre de migrants climatiques (paysan-ne-s en particulier) atteindrait le triste record de 30 millions de personnes… Il est temps d’agir !

A moins de six mois de la COP 21, il faut qu’un mouvement mondial de masse se mette en marche. Il nous faut changer de paradigme pour relever le défi du changement climatique, enjeu désormais majeur du 21ème siècle.

L’agriculture et l’alimentation sont en première ligne, tant au titre de secteurs très émetteurs de gaz à effet de serre (50% des émissions mondiales sur l’ensemble de la chaine alimentaire) qu’au titre de secteurs porteurs de solutions (captage des gaz à effet de serre, capacité de résilience des systèmes et des populations, emploi, alimentation, biodiversité, etc.). Il n’y a qu’une seule voie possible : l’agriculture paysanne !

Carte de l’industrialisation de l’agriculture :
Une dérive destructrice pour les paysans

A la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, la Confédération paysanne rend publique la carte de l’industrialisation de l’agriculture. Certes non exhaustive, elle met cependant en évidence comment, au-delà du symbole des 1000 vaches, une agriculture destructrice se met en place. La Loi Macron (articles 27 à 30) et les récentes annonces de Manuel Valls démontrent clairement que cette dérive correspond à la volonté du gouvernement.

Il y a donc une réelle intention de livrer notre métier aux mains d’industriels plus soucieux de leurs parts de marché que de l’emploi, de l’alimentation ou de l’environnement. L’exemple de la pieuvre Sofiprotéol (avec sa nouvelle entité Avril) est particulièrement parlant. Producteur d’aliments, fournisseur de conseils et de débouchés, financeur, la société du Président de la FNSEA s’accapare la production et la valeur ajoutée au mépris des paysans.

Mais cette carte n’est que la partie immergée d’un énorme iceberg. Quotidiennement, les paysans sont poussés par la profession agricole, les banques et les politiques vers l’agrandissement, la modernisation à outrance et la déconnexion de leur métier, accentuant leurs difficultés.

Avec des paysans plus fragiles, qui deviennent les travailleurs à façon de l’agro-alimentaire, et moins soutenus par les pouvoirs publics que les projets industriels, le calcul est vite fait. Sous couvert d’une prétendue compétitivité, le gouvernement fait le choix d’une agriculture de production sans producteurs, à quoi s’ajoute un déni des préoccupations environnementales et climatiques.

Pourtant, les solutions existent avec l’agriculture paysanne, autonome, relocalisée, respectueuse de ses travailleurs. C’est pour eux, avec le soutien d’une large majorité des citoyens, que la Confédération paysanne poursuit son combat.

Lancement de la carte de l’industrialisation sur France Inter :

http://www.franceinter.fr/depeche-la-confederation-paysanne-denonce-le-toujours-plus-grand

Reporterre « Le maître caché de l’industrialisation de l’agriculture » : http://www.reporterre.net/ENQUETE-Le-maitre-cache-de-l

La carte sur le site de la Conf’ : http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=3347

 

 

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