La fable de l’agroécologie !

Il était une fois …. l’invisibilité sociale, l’invisibilité paysanne ! On était là, là-bas, n’importe où à contempler le corbeau et le renard. Le corbeau tenait sur un plateau 2 fromages : la performance économique et la perfo ou, plutôt, la perfu écolo … non, que dis-je, environnementale ! Mais, la perfomance économique, c’est quoi, les coûts, la rentabilité, la compétitivité ou la viabilité, la durabilité ? Et pour quels prix et pour quels emplois ? Combien d’agriculteurs ont disparu en 10 ans ? Et la performance environnementale n’inclut-elle pas aussi  le « social », le « culturel » ? N’est-ce pas d’abord une perfusion à une agriculture malade d’un certain « productivisme » qui désertifie les territoires, accapare l’eau, pollue, etc… Ce sont, en effet, des subventions, des aides, des incitations fiscales et à qui profitent-elles ? Aux plus aisés ou à l’usine des 1000 vaches du côté de la Somme ou encore aux porcheries dont l’autorisation de mise en production est passée de 450 à 2000 têtes – voir en particulier l’exemple récent en Sud-Gironde d’un projet d’extension d’une porcherie à 10’000 têtes ! – N’est-ce qu’une bonne intention de vouloir « corriger »  ou verdir les gros défauts ou effets pervers d’une agriculture qui tend vers une industrialisation tout azimut ?

Et la fable deviendrait-elle politique ? Où se cache le renard ? Retournez le plateau et tant pis pour les fromages ! Le Renard est dans le poulailler, non, je veux dire dans tout le réseau des filières agroalimentaires, celles qui font et défont les prix payés aux agriculteurs. Comme je l’ai entendu dans un colloque du VIVEA – fonds pour la formation continue des agriculteurs dits aussi entrepreneurs du vivant ! – la valeur ajoutée des productions agricoles est « tirée » par l’aval, c’est-à-dire les filières et donc accaparée par l’aval, mais, aussi par l’amont – les intrants et autres matériels –  La majorité des agriculteurs ne sont que les maillons, pour ne pas dire les OS, de l’agroindustrie ! Et en bouclant la performance économique avec la perfusion environnementale, on évacue l’agriculture paysanne et de proximité et l’agriculture biologique restera dans un champ de tensions entre le mouvement social qui la soutendait et son insertion dans la marchandisation – voir l’article ci-joint – Seul un nouveau mouvement social peut résoudre le véritable enjeu de l’agroécologie : la souveraineté alimentaire ! C’est aussi agir pour mettre les valeurs sociales et humaines au coeur de l’économie et de l’écologie : la coopération, la solidarité plutôt  que la compétitivité dont la définition n’est autre  que de mettre tout le monde en compétition les uns contre les autres ! Merci !

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